Guide du traitement audio et des effets pour le podcasting

Lorsque vous écoutez vos podcasts préférés, qu’est-ce qui vous captive le plus ? Une histoire palpitante ? La complicité entre les animateurs ? Des recherches convaincantes ? Bien que ces éléments soient indéniablement importants pour réussir un podcast, un facteur peut faire ou défaire une émission, et il est sans doute plus important que tout le reste : la qualité sonore.

De nombreux facteurs influencent le son d’un podcast. Nous en avons abordé quelques-uns dans notre précédent article, Comment obtenir la meilleure qualité audio pour votre podcast, mais nous souhaitons ici nous concentrer spécifiquement sur le traitement audio et les effets. Si les éléments fondamentaux de la production sonore (votre espace d’enregistrement, microphones, préamplis, mixeurs et interfaces, etc.) ne doivent jamais être négligés – car ils constituent les fondations de tout excellent enregistrement –, le traitement audio et les effets sont ce qui permet à un podcast de se démarquer. Tous les podcasteurs professionnels les utilisent à un certain degré. Nous allons examiner ci-dessous les plus courants et les plus pertinents pour la production de podcasts.

EQ

Les bases

En bref, l’égalisation – ou EQ – consiste à augmenter ou réduire le volume (dB) de certaines fréquences d’un signal audio afin de modifier la tonalité générale d’un enregistrement. Il s’agit de l’un des traitements les plus répandus en production sonore et d’une étape importante du mixage de tous types de contenus audio pour tous types de supports.

Lorsque vous enregistrez un son, le signal audio se compose de couches de fréquences différentes. Celles-ci se situent sur un spectre allant de 20 Hz à 20 000 Hz (la plage audible par l’être humain). Les basses fréquences, de 20 à 250 Hz, sont les fréquences graves ; le registre médium – ou « médiums » – comprend les fréquences de 250 Hz à 4 kHz ; les hautes fréquences s’étendent de 4 kHz à 20 kHz.

Le réglage de EQ aura un impact différent sur la tonalité de l’audio selon les fréquences que vous augmentez ou réduisez, et il existe une infinité de façons de sculpter un signal. Ne vous laissez toutefois pas décourager : des règles simples et éprouvées, ainsi que différents types d’égaliseurs, permettent d’obtenir une certaine qualité tonale d’une simple pression sur un bouton ou d’une rotation de potentiomètre.

Les différents types d’EQ

Les égaliseurs se présentent sous de nombreuses formes : logiciels intégrés à votre station audionumérique (DAW), potentiomètres sur votre mixeur ou commutateurs sur votre microphone (vous en trouverez également sur les guitares, amplis de guitare, systèmes de sonorisation, équipements de studio comme les préamplis et compresseurs, et bien d’autres outils de création musicale et appareils audio). Les égaliseurs les plus utilisés en podcasting sont ceux que l’on trouve dans les DAW, comme ProTools, Logic ou Audacity, ainsi que sur les mixeurs ou consoles.

La plupart des mixeurs basiques disposent de trois EQ potentiomètres par canal : un pour les graves, un pour les médiums et un pour les aigus. Certains n’en ont qu’un ou deux, tandis que les consoles plus avancées, comme celles des studios professionnels, peuvent en proposer davantage. À midi, ces potentiomètres sont en position d’unité, ce qui signifie qu’ils n’augmentent ni ne réduisent la fréquence. Tournez-les dans le sens antihoraire pour réduire la fréquence et dans le sens horaire pour l’augmenter. Dans la plupart des cas, pour le podcasting, ces trois potentiomètres suffiront à sculpter votre voix comme vous le souhaitez.

Si vous effectuez votre égalisation dans un DAW, vous aurez probablement beaucoup plus d’options à votre disposition. Tous les DAW sont préchargés avec un certain type de EQ logiciel, et il existe quantité d’excellents égaliseurs tiers si vous souhaitez investir un peu d’argent. Ils vous permettront d’ajuster avec une grande précision la fréquence à augmenter ou à réduire, d’ajouter des filtres pour atténuer les fréquences indésirables à certains points de coupure (plateau bas, plateau haut, passe-bas et passe-haut étant les plus courants), et d’utiliser des préréglages conçus spécifiquement pour différents types de voix et applications.

Logic Pro X est livré en standard avec un excellent plug-in d’EQ de canal. Voici un préréglage destiné à nettoyer un enregistrement de voix parlée. Remarquez les réductions autour de la plage 20-250 Hz et les légères augmentations autour de la plage 1-20 kHz. 

Les voix sur le spectre des fréquences

La parole occupe principalement la plage 85-250 Hz du spectre des fréquences, ce qui la rend assez grave : c’est donc généralement dans cette zone que vous devrez effectuer vos EQ réglages lors d’un podcast.

Un filtre passe-haut est un outil efficace pour modeler les voix destinées au podcasting. Il ne laisse passer que les fréquences supérieures à un certain point de coupure, en atténuant les fréquences plus basses. Le résultat est un enregistrement vocal plus net et moins « boomy ».

Les voyelles, qui sont des sons relativement prononcés de la parole humaine, occupent généralement la plage 350 Hz-2 kHz ; les consonnes occupent quant à elles la plage 1,5 kHz-4 kHz. Vous pouvez ajuster ces fréquences si vous remarquez des éléments indésirables dans vos enregistrements. La sibilance – les sons « s » et « t » stridents de la voix qui ressortent dans un enregistrement comme une tache sur un vêtement – se situe généralement dans la plage 4-7 kHz, et vous voudrez donc probablement intervenir ici aussi. Mais soyez prudent : c’est dans cette zone aiguë que votre voix acquiert son éclat ; il s’agit d’une zone délicate qu’il ne faut pas trop atténuer. Heureusement, il existe des outils pour dompter la sibilance, ce qui nous amène à…

De-essing

Le de-essing consiste à réduire la sibilance dans un enregistrement. Vous pouvez le faire manuellement – de nombreux ingénieurs du son ne jurent que par cette méthode, qu’ils jugent plus naturelle. Cependant, elle prend du temps et, pour le podcasteur au quotidien, n’est probablement pas viable. Surtout si vous produisez un épisode tous les jours ou presque. C’est là qu’interviennent les de-essers.

Les de-essers sont des outils de traitement conçus spécifiquement pour éliminer les fréquences agressives qui créent la sibilance. Ils se présentent généralement sous la forme de plug-ins, et de nombreux DAW en intègrent un, prêt à l’emploi. On les trouve également au format matériel, dans des tranches de console ou, comme dans le cas du RØDECaster Pro, sous la forme d’une fonction intégrée à une console.

Un de-esser est essentiellement un compresseur qui réduit le volume d’une certaine bande de fréquences chaque fois qu’il la détecte. Selon le modèle utilisé, vous pourrez contrôler des paramètres tels que la fréquence de coupure (qui détermine la fréquence déclenchant le de-esser), l’ampleur de la réduction (généralement appelée « amount » ou « depth »), le gain pouvant passer avant le déclenchement du de-esser (généralement appelé « threshold »), la vitesse de déclenchement du de-esser (« sensitivity »), et bien plus encore.

Le SpitFish de DigitalFishPhones est un de-esser gratuit et simple. Vous pouvez régler la fréquence de coupure n’importe où entre 4 et 12 kHz. 

Utiliser un de-esser

Les de-essers sont généralement des outils que l’on « règle puis oublie ». Si vous avez l’habitude d’enregistrer votre propre voix, vous saurez probablement où se produit la sibilance : vous pouvez donc régler le point de coupure à l’endroit nécessaire et ne plus vous en préoccuper. Si votre podcast accueille régulièrement des invités, vous pouvez traiter la sibilance en postproduction. Il s’agit de repérer le pic de sibilance le plus agressif dans l’enregistrement et d’y régler la fréquence de coupure. Ce n’est pas un processus particulièrement complexe et cela peut faire une énorme différence sur la qualité globale de votre podcast.

Compression

La compression est un autre de ces traitements audio omniprésents, utilisés dans tous les domaines de la production audio. Il s’agit d’un vaste sujet qui mériterait tout à fait son propre article (ou livre) ; nous allons donc nous concentrer ci-dessous sur l’utilisation de la compression pour l’enregistrement de la parole.

De quoi s’agit-il ?

En substance, les compresseurs réduisent la plage dynamique d’un signal audio en réduisant les passages les plus forts et en augmentant les plus faibles. Ils sont généralement utilisés pour rendre un enregistrement plus clair, plus fort et plus naturel sans ajouter de distorsion, ce qui en fait un outil incontournable pour les ingénieurs du son dans tous les domaines. Cela dit, ils peuvent être utilisés à l’excès ou de manière incorrecte, et ruiner rapidement un enregistrement.

Lors de l’enregistrement de la parole pour un podcast, l’ajout de compression peut rendre un enregistrement percutant, soigné et professionnel. Cependant, une compression importante peut donner à une voix un son sans vie et artificiel. Il s’agit généralement d’un effet subtil, mais il est très facile d’en faire trop : il est donc important de comprendre les commandes de base et leur fonction.

Le plug-in Compressor de Logic Pro X dispose de commandes pour le seuil, le ratio, le gain, l’attaque, le relâchement et le knee : tout ce dont vous avez besoin pour sculpter le son de votre voix, et bien plus encore.

Commandes courantes d’un compresseur

Les compresseurs disposent généralement du même ensemble de paramètres réglables, mais selon le niveau de sophistication de l’effet utilisé, certains peuvent manquer (être prédéfinis ou ne pas être intégrés du tout), ou d’autres commandes peuvent être disponibles.

Voici les paramètres courants que vous trouverez sur un compresseur :

Threshold – Le volume (dB) auquel le compresseur se déclenche. Un seuil plus bas produira un effet subtil ou, s’il est trop bas, l’effet pourra être imperceptible. S’il est réglé trop haut, le signal semblera surcompressé et « écrasé ».

Ratio – Le niveau de réduction du volume du signal par rapport au volume d’entrée. Il s’exprime sous la forme [X = volume de sortie]:[Y = volume d’entrée] – par exemple, si le ratio est de 2:1, le volume de sortie sera deux fois moins fort que le volume d’entrée. Pour l’enregistrement de voix destiné à un podcast, un réglage compris entre 2:1 et 4:1 est généralement recommandé.

Input Level – Le niveau du signal envoyé dans le compresseur.

Output Gain ­– Comme la compression est essentiellement un processus de réduction du gain, il peut être nécessaire d’augmenter le signal de sortie pour le ramener au niveau qu’il avait avant son entrée dans le compresseur. On parle parfois de « makeup gain ». En règle générale, veillez à ce que le niveau de sortie corresponde au niveau d’entrée (la plupart des compresseurs disposent de vumètres côte à côte pour faciliter la comparaison).

Attack – Le temps au bout duquel le compresseur commence à réduire le gain après le franchissement du seuil. Pour l’enregistrement de voix, réglez généralement l’attaque assez rapidement afin d’éviter un rendu artificiel.

Release ­– Le temps au bout duquel le compresseur cesse de réduire le gain après le franchissement du seuil. S’il est trop rapide ou trop lent, l’enregistrement vocal peut sembler étrange : recherchez donc un juste milieu.

Knee – Le degré de progressivité de la transition entre le signal compressé et le signal non compressé. Ce paramètre n’aura pas un impact majeur sur votre enregistrement vocal, mais plus le knee est élevé, plus la transition est douce, produisant un effet plus subtil et plus souple, et inversement. Un knee doux fonctionne bien pour les voix.

Noise Gate

Dans un monde idéal, chaque podcasteur disposerait d’un espace confortable et professionnel, doté d’une isolation acoustique digne d’un studio, du meilleur équipement que l’argent puisse acheter, ainsi que de thé et de café à volonté. Mais comme vous le savez très bien, ce n’est souvent pas le cas.

Comparé à la radio, le podcasting est à bien des égards une activité d’amateur : tout le monde peut s’y mettre, même avec l’équipement le plus basique. Et c’est ce qui en fait la magie. Mais cela signifie également que nombre d’entre vous travaillent dans des espaces loin d’être idéaux, avec tout ce qui va du bruit de la circulation à la réverbération de votre plancher, en passant par vos colocataires parlant au téléphone et menaçant de ruiner votre enregistrement. Comment gérer tous ces bruits de fond indésirables ?

Vous pouvez prendre quelques mesures fondamentales pour y remédier, que nous avons abordées dans notre article Comment obtenir la meilleure qualité audio pour votre podcast . Mais qu’en est-il en préproduction et en postproduction ? L’utilisation d’un noise gate est une solution simple et efficace.

Le plug-in Noise Gate de Logic Pro X dispose de commandes pour le seuil, l’attaque, le maintien, le relâchement et la réduction de niveau, ainsi que de paramètres de sidechain utiles pour les effets de ducking (nous y reviendrons bientôt). 

Qu’est-ce qu’un noise gate et comment l’utiliser ?

Un noise gate est un processeur dynamique qui contrôle le contenu d’un signal audio en fonction du volume de ce qui est enregistré. Apparentés aux compresseurs et aux de-essers, les noise gates sont souvent utilisés pour supprimer les bruits indésirables d’un enregistrement en définissant un seuil de gain en dessous duquel tout est supprimé ou réduit en volume.

Considérez le seuil littéralement comme une porte : si vous le réglez à -40 dB, tout ce qui est plus fort que ce niveau passera, tandis que la porte se fermera pour tout ce qui est plus faible. Vous voyez en quoi cela peut être utile pour réduire le bruit de fond ?

Les commandes d’un noise gate sont similaires à celles d’un compresseur :

Threshold – Définit le niveau (dB) auquel la porte se ferme.

Attack – La vitesse (ms) à laquelle la porte se ferme après son déclenchement.

Hold – La durée (ms) pendant laquelle la porte reste fermée.  

Release – La vitesse (ms) à laquelle la porte s’ouvre une fois le seuil à nouveau atteint.

Range (également appelé floor ou level reduction) – Contrôle la quantité de signal qui passe à travers la porte une fois celle-ci fermée. Si ce paramètre est réglé sur zéro, aucun son ne passera ; à mesure que vous l’augmentez, une quantité croissante de signal passera ; réglé au maximum, la porte est essentiellement ouverte. Cette commande peut être utile si vous ne souhaitez pas éliminer complètement le bruit de fond, mais simplement le réduire, afin de donner à votre enregistrement un son un peu plus naturel.

Ducking

Le ducking – également appelé compression sidechain – est un effet utilisé dans tous les domaines de la production audio, de l’EDM à la radiodiffusion.

En bref, le ducking réduit le niveau d’un signal audio lorsqu’un autre signal audio est présent. En podcasting, il s’agit d’un outil extrêmement utile pour garantir que la voix de l’animateur reste toujours plus présente que celle des invités, et il est particulièrement pratique pour maîtriser les personnes interviewées turbulentes ou envahissantes.

La configuration d’une compression sidechain est un processus relativement complexe qui consiste à placer un noise gate sur le ou les canaux que vous souhaitez « ducker » et à envoyer le sidechain du gate vers la piste que vous voulez utiliser pour contrôler les autres (c’est-à-dire celle de l’animateur). Tous les noise gates ne disposent pas de cette fonctionnalité.

Le RØDECaster Pro, en revanche, intègre un outil de ducking pratique dans son puissant processeur d’effets embarqué, prêt à l’emploi d’une simple pression sur un commutateur. Pratique !

Le RØDECaster Pro : une solution tout-en-un pour le podcasting

En fait, tous les traitements audio et effets mentionnés ci-dessus sont intégrés au RØDECaster Pro, la seule console de son genre à offrir une gamme aussi étendue de fonctionnalités prêtes pour le podcasting.

La compression, le de-essing, le noise gate et le ducking sont accessibles sur chaque canal (le ducking uniquement sur le canal 1). Les processeurs audio APHEX intégrés (présents dans les meilleurs studios de radiodiffusion du monde entier) offrent davantage de clarté et une présence vocale ample. Des préréglages sont également conçus spécifiquement pour certains types de voix (grave, médium et aiguë ; douce, médium et forte), afin de donner à votre voix la qualité radiophonique que vous recherchez. Le podcasting professionnel n’a jamais été aussi simple. Pour en savoir plus, cliquez ici.